Vidéo. Les solutions antisurchauffe pour que les villes restent vivables

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Près de 50 °C en Inde en mai, 42 °C en Espagne en juin, jusqu’à 40 °C en France à la même période… Avant même le début de l’été, des températures extrêmes ont été enregistrées dans diverses régions du monde. En Suisse, souligne Le Temps, la température moyenne annuelle a augmenté de plus de 2 °C depuis 1864, “et si les émissions de gaz à effet de serre continuent de grimper sans restrictions, elles pourraient augmenter de 2 à 4,4 °C en été d’ici le milieu du siècle”.

En ce début juillet, le journal suisse s’est intéressé aux conséquences du réchauffement climatique pour les grandes villes. Un jour que le thermomètre affichait 31 °C à Genève, une journaliste du Temps a mesuré la température de différentes surfaces dans la ville. On constate en effet des écarts importants entre les surfaces construites et celles des espaces où l’on trouve des arbres et des points d’eau. Dans l’expérimentation de la journaliste, la température passe parfois du simple au double, avec 24,4 °C enregistrés dans un parc, contre 47,7 °C pour un sol en béton.

Entre 5 et 7 °C supplémentaires en ville

Alors que les épisodes caniculaires sont de plus en plus fréquents, explique-t-elle, “l’effet d’îlot de chaleur urbain va rendre nos villes de moins en moins vivables”. Ce phénomène désigne les moments où la température de l’air nocturne est plus élevée en ville qu’à la campagne. “En été, les villes suisses peuvent atteindre 5 à 7 °C de plus que les zones rurales qui les entourent”, précise la journaliste. Dans les zones où le bâti est dense, la chaleur stockée par les constructions en béton, en asphalte ou en gravier reste emmagasinée dans les rues, empêchant la bonne circulation de l’air.

La végétalisation est le principal levier pour retrouver une sensation de fraîcheur en ville : installer des groupes d’arbres permet de créer un “effet parasol” et de générer “plus d’évapotranspiration”. À Genève, poursuit Le Temps, “l’objectif est de faire passer la surface arborisée de 21 à 30 % d’ici 2050”. Dans le cadre du projet Cool City, un collectif nommé Urbz travaille avec les autorités du canton de Genève pour végétaliser certains quartiers. L’objectif est de désimperméabiliser les sols – pour que l’eau puisse irriguer les végétaux –, installer des fontaines et du mobilier urbain sous les arbres pour créer des espaces de fraîcheur.

Rôle clé de l’architecture

Mais pour construire des villes plus fraîches, souligne Le Temps, les réflexions sur l’architecture urbaine sont primordiales. Reto Camponovo, professeur à l’HEPIA, Haute École du paysage, d’ingénierie et d’architecture de Genève, explique qu’il faut avant tout s’intéresser aux vents dominants qui traversent la ville afin d’adapter l’orientation des façades et des fenêtres. Il est important aussi de privilégier les constructions aux couleurs claires, qui absorbent moins la chaleur.

Enfin, “il ne faut pas oublier l’effet négatif des façades en verre, celui du double soleil : lorsqu’on se trouve au pied d’une façade en verre, on reçoit aussi bien le soleil direct que le soleil réfléchi par la façade”. Certains architectes plaident pour le retour à une architecture vernaculaire, qui prend en considération l’environnement et le climat pour adapter matériaux et construction. Une conception qui “aurait totalement disparu dans l’architecture moderne”.