Le patron de Ferrari dézingue les voitures autonomes: "J'ai reçu deux experts en IA, je les ai envoyés faire un tour sur notre circuit"

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Benedetto Vigna, le patron de Ferrari. (Ferrari)

Depuis quelques années, nombre de constructeurs automobiles s’arrachent les meilleurs chercheurs pour développer les systèmes de conduite autonome les plus aboutis. Pour certains, l’avenir de la voiture passe inévitablement par là. Le patron de Ferrari n’est pas du tout d’accord.

Toyota, Volkswagen, General Motors, Hyundai, Ford, Honda, Mercedes, BMW, Audi, … La liste des constructeurs automobiles de renom qui développent des systèmes de conduite autonome est très longue. Il faut bien sûr y ajouter Tesla, qui – après l’électrification – a fait de son Autopilot son argument phare. Sans oublier les sociétés spécialement conçues pour développer des voitures autonomes, telles que Waymo (Google) ou Zoox (Amazon). Et on ne vous parle même pas des entreprises chinoises qui, elles aussi, travaillent d’arrache-pied.

Pour de nombreux acteurs du secteur, la voiture qui se conduit toute seule représente l’avenir. Et le niveau 5 d’autonomie, le Graal absolu. Mais Benedetto Vigna n’est pas de cet avis.

« OK Benedetto, notre présentation est inutile »

Lors d’une conférence de presse organisée au siège historique de Ferrari, à Maranello, Vigna a assuré que, sous sa direction, jamais Ferrari ne s’intéresserait jamais à la conduite autonome. Il a d’ailleurs raconté avoir récemment reçu deux experts en intelligence artificielle, venus pour lui parler des du potentiel de la technologie. Avant de les écouter, il les a invités à faire un tour dans une Ferrari, sur le circuit de Fiorano.

« Les spécialistes de l’intelligence artificielle ont fait un tour avec notre pilote d’essai », a raconté le patron du constructeur italien. « Quand ils sont sortis de la Ferrari, ils m’ont dit : ‘OK Benedetto, notre présentation est inutile' ».

« La valeur de l’humain au centre, c’est fondamental »

Attention, l’homme est loin d’être réactionnaire. Avant d’arriver à la tête de Ferrari, il a travaillé pendant plus d’un quart de siècle au sein du groupe technologique ST, qui fournit des puces et d’autres composants électroniques à plusieurs industries. Vigna est d’ailleurs ouvert au fait d’utiliser la technologie d’aide à la conduite dans ses voitures. Mais développer un système qui supprimera toute intervention humaine, c’est non.

« Aucun client ne va dépenser de l’argent pour l’ordinateur dans une voiture, pour profiter de la conduite », a-t-il expliqué à Bloomberg. « La valeur de l’homme, de l’humain au centre, c’est fondamental ».

Notons que lors de ce même événement, Ferrari a présenté sa stratégie pour l’électrification de sa flotte. Son premier modèle zéro émission sera dévoilé en 2025, tandis que les voitures électriques devraient représenter 40% de ses ventes d’ici 2030. Pour cette même échéance, 40 autres pourcents devraient concerner les voitures hybrides et seulement 20 les véhicules à moteur à combustion interne.