Coronavirus : le monde d’après… selon Wall Street

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La Bourse de New York, le 30 avril.

Analyse. La crise liée au coronavirus devait annoncer une démondialisation, un retour aux circuits courts et aux économies à taille humaine. Wall Street émet une prédiction radicalement inverse. Le monde de demain sera celui d’hier, en plus cartellisé, plus globalisé, plus technologique et plus virtuel. Avec la victoire des plus puissants, à commencer par les géants de l’Internet, en dépit de la correction du vendredi 1er mai. C’est ce que laisse entendre la Bourse américaine, dont le principal indice, le S&P 500, n’a reculé que de 12 % depuis le début de l’année, quand le CAC 40, lui, a cédé 25 %.

La catastrophe est épouvantable, avec 65 000 morts, 30 millions de chômeurs et une récession de 5,7 % en 2020, selon le Fonds monétaire international (FMI). Mais Wall Street rêve d’enjamber la crise, dopée par la « main visible du marché », à savoir la Réserve fédérale américaine (Fed, banque centrale) et le Congrès des Etats-Unis, qui, instruits par la crise de 1929, inondent le marché de liquidités et de subventions.

Folie spéculative ? Aveuglement des opérateurs, qui s’illusionnent sur la rapidité du retour à la normale ? Sans doute, ou peut-être. L’intérêt est ailleurs.

Comme l’écrit le Wall Street Journal, « l’envolée de la Bourse n’est peut-être pas aussi folle qu’il y paraît ». Elle a procédé à une sélection draconienne entre les valeurs, alors que la plupart des entreprises ont fait le point lors de la publication de leurs résultats trimestriels.

L’effondrement n’est pas général que, déjà, apparaissent les gagnants (la Silicon Valley, les oligopoles riches en cash-flow comme la grande consommation) et les perdants (énergie, transports, PME, agriculteurs). Et des gagnants parmi les perdants, telles les majors Exxon ou Chevron, qui peuvent profiter de la faillite des producteurs de pétrole indépendants du Texas. Tour d’horizon.

Numérique

L’hégémonie croissante des « Gafam »

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INFOGRAPHIE LE MONDE

Jeudi 30 avril, Jeff Bezos a pris la plume pour annoncer ses résultats trimestriels. « Si vous êtes actionnaire d’Amazon, mieux vaut bien vous asseoir, car nous ne voyons pas petit », a expliqué le patron et fondateur du géant américain, annonçant que l’intégralité des bénéfices du deuxième trimestre (4 milliards de dollars, soit 3,6 milliards d’euros) serait effacée par les dépenses dues au Covid-19 pour protéger salariés et clients. L’action a dévissé de 7,6 %, mais reste sur un gain de 24 % depuis le début de l’année.

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