Climat : les 12 excuses de l'inaction, et comment y répondre

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Traduction : @EmmPont & @BonPoteofficiel Source : https://www.cambridge.org/core/services/aop-cambridge-core/content/view/7B11B722E3E3454BB6212378E32985A7/S2059479820000137a.pdf/discourses_of_climate_delay.pdf

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Source : https://www.carbonbrief.org/explainer-nine-tipping-points-that-could-be-triggered-by-climate-change#:~:text=He%20tells%20Carbon%20Brief%3A,the%20fate%20of%20a%20system.%E2%80%9D

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Source : https://twitter.com/search?q=la%20France%201%25%20des%20%C3%A9missions&src=typed_query

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Source : https://twitter.com/laydgeur/status/1283503362567282688?s=20

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Source https://twitter.com/bonpoteofficiel/status/1313893748858912770?s=20

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Source : https://twitter.com/ilies75vsp/status/1280569850356805636?s=20

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https://twitter.com/PhilipGAlston/status/1280008861441765376?s=20

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Source : https://twitter.com/bonpoteofficiel/status/1280491290275254272?s=20

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  1. Si je suis ici, c’est parce que j’ai été amené par des personnes excédées par mes discours doomistes (faut dire que c’est pas l’optimisme qui m’étouffe).

    J’ai donc lu l’article, mais je ne suis toujours pas convaincu.

    1) Comme le dit justement un commentaire plus haut, on peut encore faire la différence si par l’opération du saint esprit, toute la population mondiale décidait tout de suite de prendre des mesures radicales. Or à ce jour, on ne voit au mieux que des mesurettes, au pire de nouveaux types de pollution inutile (comme les cryptomonnaies ou le tourisme spatial).

    2) C’est faux de dire que des peuples ont vécu sans polluer leur environnement. Les plus anciennes traces de pollution de l’air datent du néolithique, et si des populations ont pu vivre sans détruire leur environnement, ce n’est pas tant grâce à leur mode de vie que parce que leur faible population limitait les dégâts.

    3) Nous ne sommes pas en démocratie mais en oligarchie, voire en ploutocratie. Les décideurs politiques ne sont que des fantoches à la solde des lobbies qui les corrompent grassement. Les mesures écologique ne sont que des effets d’annonce pas hyper impactantes, et les quelques promesses un tant soit peu ambitieuses ne sont jamais tenues. Ajoutons à cela les dictatures hyper-polluantes telles que la Chine dont il serait utopique d’espérer qu’elles agissent.

    4) Souvent, c’est impossible d’agir, parce qu’on n’a pas les moyens (le zéro déchets, ça coûte cher), parce que ça nous mettrait hors-la-loi, parce que c’est logistiquement impossible (comment boycotter une entreprise en situation de monopole ?), parce que même avec beaucoup de bonne volonté, c’est devenu impossible de vivre sans polluer.

    5) Il y a plein de multimilliardaires qui polluent à fond de balle dans l’impunité la plus totale (Jeff Bezos qui fait mumuse dans l’espace, Super riches qui assouvissent leurs caprices à Dubaï) et qui resteront intouchable, le courage politique n’étant pas ce qui caractérise les dirigeants à l’heure actuelle.

    6) Et comme si ça ne suffisait pas, le plus puissant lobby écolo (Greenpeace) se complaît dans une malhonnêteté intellectuelle délirante sur pas mal de sujets (notamment le nucléaire).

    Je précise que ce ne sont pas des excuses que j’utilise pour ne rien faire. J’ai juste arrêté de me faire des illusions sur l’impact de mes actes.

  2. Je me considère comme très bien informé depuis des années sur le sujet ( voir mon fb ) et il se trouve que je me retrouve volontiers sur certains de ces 12 points et notamment le premier : je suis alors doomiste …lol je ne savais pas ….. Ce qui ne m empêche absolument pas a mon petit niveau de faire mon colibri : je ne mange plus de viande rouge , je vis sur un bateau quasi autonome en eau et électricité , je vais passer ma vieille mobylette 103 Peugeot en électrique , j ai un vélo , et j ai un mini fourgon chinois très pratique qui consomme peu et que j aimerais passer à l éthanol , , je ne prend pas l avion , aimerais cultiver un jardin malgré mon âge (64) . Je fais donc ma part a mon petit niveau . Combien en font autant ?? Mais je suis doomiste parce que en effet l inertie politique sociétale et collective est beaucoup trop puissante par faire face au mastodonte consumériste délirant , qui soit dit au passage ( mais chuuut faut pas le dire n est ce pas ? ) Est dirigé par et pour des hommes au masculin pour qu’il intelligence féminine c est peanuts. Le GIEC dit qu il est encore temps ? Faux . Il dit que il est encore temps SI l ensemble du monde entier , MAINTENANT et pas demain , baisse DRASTIQUEMENT ses émissions de GES !! Ce n est pas la même chose !! Je ne crois absolument pas en une sagesse humaine soudaine qui accepté de décroître fortement et obligatoirement pour atteindre cet objectif . Car il n y a pas d autre alternative que la frugalité en tout et maintenant !! Je suis doomiste parce qu il est impossible de faire croire que passer de 25 tonne / habitant de GES ( usa ) ou de 10 ( pour un français ) a 2 tonnes , sera fait très rapidement ( “rapide ” est nécessaire !!) Quand on sait que l humanité est dépendante a 80 % des énergies fossiles ou que le monde consomme a ce jour quotidiennement 100 millions de barils de pétrole …et remplacé par quoi ?? Des ENR elles mêmes très extractrices d un sous sol finit ?? C est ça le deal ? Je suis doomiste et très certainement pas dans le déni bien contraire . C est précisément pour cela que je le suis . Pas sûr que Yves Cochet soit un hurluberlu soixante huitard attardé ….. Nous vivons nos dernières minutes et nous espérons encore . Pourquoi ? Parce que nous sommes coincés faute d autres choix réaliste acceptable pour un cerveau humain . Parce qu il n est acceptable pour personne de laisser a nos enfants sans culpabilité , un cadeau empoisonné qu ils n ont d’ailleurs pas demandé . Je suis doomiste car en connaissance de cause je sais très bien que nos gesticulations feront retarder un peu l échéance mais n évitera pas le désastre annoncé : l effondrement qui se fera au mieux progressivement ( puisqu il a déjà commence ) et au pire brutalement .via une crise majeure ( suffit par exemple de fermer les robinets du pétrole , ou encore une bonne grosse guerre mondiale pour les ressources ) Que faire alors ? Organiser personnellement son autonomie au mieux possible en profitant au mieux de nos derniers instants , puisque collectivement , mondialement l humanité n est ni mature ni raisonnable .

  3. je suis pleine de gratitude pour la personne qui m’a envoyé ce lien et je vais m’atteler à la lecture plus approfondie de l’argumentation et des études qui la soutiennent. J’ai déjà lu beaucoup de choses sur le sujet, j’ai les idées assez au clair, mais j’ai encore de la peine à argumenter.

    Je suis également très contente de la qualité des commentaires sur cette page.

    Maintenant, je vois qu’il est écrit qu’il faudrait en rester à l’argumentation “rationnelle” (pour moi: cérébrale, intellectuelle, …). Or, mon expérience (pour l’instant encore très basique) de l’écopsychologie me montre que l’argumentation rationnelle peut suffire par rapport à certaines personnes (je pense à pas mal d’ami-e-s qui ont un profil plutôt scientifique et parfois assez technophile), d’ailleurs des personnes de bonne volonté.

    Par contre, je pense que l’aspect émotionnel reste important (tout comme, en communication, la part de compréhension non verbale, par rapport au contenu “rationnel ou informatif” du message). Il ne faut pas oublier notre animalité et que nous sommes tout le temps traversés par des émotions (même si nous n’en avons pas toujours conscience).

    Mon avis est que les gens peuvent être dans des ressentis très différents par rapports aux enjeux planétaires. Dans les processus d’écopsychologie, les participant-e-s passent par différentes phases qui peuvent ressembler à un processus de deuil ( déni, colère, tristesse, acceptation de la réalité, engagement, etc …). Les messages “rationnels” auront donc un impact très différent, en fonction de l’étape du processus de prise de conscience (ou d’action) dans laquelle on se trouve (processus qui n’est pas linéaire, mais plutôt spiral).

    Votre argumentaire et les cartes qui vont avec, sont donc un très bon outil (qu’il faut, à mon avis, commencer par appliquer à soi-même), mais je pense que ça ne suffit pas, et que parfois (même souvent ?) cela nécessite un accompagnement bienveillant, fait d’écoute et de partage.

    Les « excuses de l’inaction » révèlent quelles sont les valeurs, les peurs, les croyances, les envies, les aspirations des personnes avec qui on parle (voire les nôtres …). Celles-ci (les valeurs, etc.) devraient, à mon avis, être respectées même si on ne les partage pas.

    Une véritable “écoute active” et bienveillante est donc la bienvenue, car elle permet d’aller davantage en profondeur, dans l’intégration émotionnelle, voire même “corporelle” ou “spirituelle” de ces informations et de cet argumentaire. Une discussion plus en profondeur peut également faire émerger des idées, des changements de perspective; ou faire se rendre compte qu’une “perte” est peut-être en fait un “gain” ou une opportunité; ou qu’une peur est simplement liée à une croyance erronée ou dépassée.

    Enfin, je pense qu’il n’es pas anodin d’avoir ce genre de discussion. Cela engage également la personne qui partage cet argumentaire. Je pense là à une forme de cohérence personnelle et à une véritable disponibilité (pas seulement intellectuelle) pour la personne avec qui on parle.

    A mon avis, c’est en partie la croyance en la toute puissance et la supériorité d’une forme « sèche » de rationalité qui est, au moins en partie, responsables des problème que nous rencontrons actuellement, et je pense que le fait d’aller au-delà de la seule rationalité devrait faire partie de la recherche de solutions.

    Voilà. Donc tout à fait d’accord pour la rationalité des arguments (encore un grand merci !): nécessaire et indispensable, …. mais peut-être pas suffisant.

  4. J’ajouterais 2 arguments essentiels face au whataboutisme, notamment sur le fait que “la France ne pèse que 1% des émissions, c’est rien comparé à la Chine” ou par exemple “c’est inutile de toucher à l’aviation, ce n’est que quelques % des émissions de gaz à effet de serre” : 1) Utiliser des % pour déterminer ce qui doit changer ça n’a pas de sens. On peut dire plein de choses différentes en faisant les répartitions qui nous arrangent. Si je divise la Chine en régions suffisamment petites, aucune d’elle n’émettra plus de 1% des gaz à effet de serre, donc aucune d’elle ne devra baisser ses émissions ! Pareil avec les états américains. Même raisonnement avec les secteurs d’activité. Les activités génériques comme “l’agriculture” ou “l’industrie” émettent au total bien plus de gaz à effet de serre que l’aviation par exemple, mais en divisant suffisamment les activités humaines en sous-domaines, on pourrait par exemple proclamer que l’aviation est l’activité la plus émettrice ! Ecologie rationnelle l’explique très bien 2) Surtout, ce qui compte, ce ne sont pas les émissions de gaz à effet de serre d’un pays/d’une activité, mais le ratio entre ces émissions et ce qu’elles permettent comme bénéfice pour l’humanité. Évidemment la Chine pollue bien plus que la France, mais c’est pour faire vivre 1,4 milliards d’habitants, pas 65 millions. Ou pour reprendre l’exemple de l’aviation, son ratio est catastrophique car une énorme partie de ce que l’aviation permet est de l’ordre du luxe : partir en vacances loin, voyages professionnels au lieu d’une visioconférence… En comparaison, la pollution émise par l’agriculture peut et doit être fortement réduite, mais il est normal de polluer encore un peu quand il s’agit de nourrir l’humanité.

    Bonne continuation, on a besoin de gens comme vous !

    1. Pour le point 11, Piketty analyse seulement les pays dit “riches”, dont les économies sont déjà matures et où en dehors de stimuli budgétaires ou monétaires il n’y a déjà quasiment plus de croissance. De plus Piketty dénonce des écarts de revenu et non des situations de pauvreté.

      Son point est de dire que la croissance dans les pays riches accélère les inégalités de revenus. Mais il ne parle pas d’un appauvrissement de la population.

      Si ton voisin passe de 10.000 à 20.000€ de revenu par mois mais que ton revenu reste stable, cela va accentuer les inégalités de richesse entre toi et ton voisin, mais ce n’est pas pour ça que tu te seras appauvri ni que ton niveau de vie aura baissé.

      De plus le taux de pauvreté étant fixé en france sur un pourcentage du revenu median, il est normal que si le premier décile voit ses revenus fortement augmenter, alors le taux de pauvreté augmente par construction statistique , et non par détérioration du niveau de vie. Puisque mécaniquement toute décorrélation entre l’évolution du revenu median et l’évolution des revenus inférieurs entraine mécaniquement une augmentation du taux de pauvreté alors même que pour chaque tranche le niveau de vie augmente.

      Pour les pays en voie de développement , la corrélation entre croissance et diminution de la pauvreté a déjà été largement documentée. Un habitant qui gagne 1 dollar par jour ne peut pas se sortir de sa condition sans croissance économique, c’est juste du bon sens . Une démonstration simple et pertinente ici : .

      En bref, le meilleur moyen d’éradiquer la pauvreté, c’est la croissance économique . Personne n’a encore prouvé le contraire et même Piketty ne le nie pas . Lui son propos est de trouver des moyens d’imposition pour mieux redistribuer la richesse.

      En 2020 : -5%de recession ont fait repasser plus de 200 millions de personnes dans l’extrême pauvreté…

    2. Les inégalités n’ont pas de lien avec la pauvreté? Pourtant, en France, si les pauvres sont bel et bien de plus en plus pauvres, les riches eux sont de plus en plus riches. Et puis parlons un peu du modèle allemand: une croissance bien supérieure à la nôtre, un salaire médian exceptionnellement haut… et 20% de la population sous le seuil de pauvreté, soit deux fois plus que chez nous, avec des salaires pour la plupart inférieurs au smic français, une mobilité sociale très inférieure à la nôtre (les riches restent riches, les pauvres restent pauvres) et très peu d’aides. Mais bon, les classes moyennes roulent sur l’or avec leur belle croissance donc j’imagine qu’on s’en fout… et que dire du Quatar, un pays de plus en plus riche sur le dos de la majorité pauvre? C’est un pays écolo décroissant? C’est pratique la récession sous le Covid, mais faut pas oublier qu’il y avait déjà de plus en plus de gens dans la misère bien avant, à une période où la croissance diminuait, certes, mais était toujours là, autrement dit où le pays continuait de faire de plus en plus d’argent, et pourtant où le nombre de pauvres augmentait chaque jour en parallèle. Les pays sortis de la misère « grâce à la croissance » sont aussi en partie sortis de la misère grâce aux réglementations et aux mesures favorisant l’égalité: le Botswana à créé ses « diamants du développement » en gardant la main sur les mines de diamants, contrairement aux autres pays qui ont créé leurs « diamants du sang » en les laissant à la merci des mafias, et il s’est surtout servi de l’argent de ces diamants pour créer un système de santé et d’éducation performant plutôt que laisser les citoyens continuer à se démerder. Le Brésil est sorti d’une dictature, mais il a aussi fondé un système social sous Lula. L’Inde a mis fin aux politiques protectionnistes instaurées par les ingliches, mais elle a aussi pris des mesures contre le système de castes encore très présent qui maintient les pauvres dans la pauvreté par la discrimination. Idem pour l’Afrique du Sud, qui a mis fin à l’apartheid. Tous ces changements ont provoqué des baisses de la pauvreté. Attribuer l’éradication de la misère à la croissance c’est occulter pratiquement tout ce qui est fait pour éradiquer la misère

  5. Bonjour, Article très intéressant et je ne connaissais pas tous les excuses. Voici quelques réflexions et critiques sur certaines :

    Excuse 2 : Je suis d’accord avec vous sur la nature de l’humanité qui n’est pas la destruction de l’environnement. Vincent Mignerot (un essayiste) dit que c’est dû fait que l’humanité n’est plus régulé “par les intéractions avec l’ensemble du vivant”. En conséquence son emprise est devenu beaucoup plus important. La sélection naturelle s’est de moins en moins imposée à l’humanité. Il propose le terme de “dérégulocène” plutôt que “anthropocène” ou “capitalocène” pour qualifier cette période : Ne devrions-nous pas arrêter d’employer le mot “détruire” l’environnement pour que ce soit plus claire et non culpabilisant ? Car forcément pour manger, pour se vêtir, bref pour la vie “basique” nous devons détruire un bout d’environnement. Devrions-nous alors nous sentir coupable pour cela ?

    Concernant certains politiques, le fonctionnement de nos sociétés font que ce sont, ceux qui sont élus (surtout au plus haut de la hiérarchie), sont ceux plus à même de plaire (qui savent comment plaire) et non ceux qui ont des convictions. Ces personnes n’ont pas ou peu de conscience et peuvent changer de bord sans problème pour plaire (des narcissiques ?). Ce n’est pas seulement au niveau politique mais dans tous les stractes de la société (associations, entreprises…). Roland Gori (psychanalyste et professeur émérite de psychologie et de psychopathologie clinique à l’université Aix-Marseille) parle d’imposteurs : “Notre société de la norme, même travestie sous un hédonisme de masse et fardée de publicité tapageuse, fabrique des imposteurs. L’imposteur est un authentique martyr de notre environnement social, maître de l’opinion, éponge vivante des valeurs de son temps, fétichiste des modes et des formes.” Donc ce n’est pas forcément que le maire est courageux. Si la majorité de ses électeurs veulent couper tous les arbres de la ville, il le fera si c’est un “imposteur” sans remord. Si le lendemain, ses électeurs veulent verdir la ville, il le fera. Au niveau national, ce n’est peut-être pas que la majorité des électeurs à plaire mais certains électeurs qui ont plus de poids. Des paroles de certains peuvent être donc vrai : “on a les élus qu’on mérite”. Pour les primaire de LR, on a revu Juppé et Sarkozy. Malgré la sentence ou en instance de jugement, des français ne trouvent pas absurde d’en faire leur président. Est-ce que c’est parce qu’ils votent pour le moins pire ??

    Excuse 4 : Vous dires “TOUT LE MONDE doit se remettre en question.” Oui, par contre, nous n’avons pas tous le même impact au sein du pays. Une personne au RSA impact moins l’environnement qu’un cadre en entreprise ou un chef d’entreprise. Ce sont les personnes qui ne sont pas dans le “besoin” qui doivent absolument en premier lieu changer car ils auront plus d’impact sur l’environnement, peuvent se le permettre et surtout avoir l’impact sur les politiques.

    Excuse 5 : Vous dites “Si nous ne prenons pas les devants pour se préparer au changement climatique , nous en paierons très cher les conséquences.” Nous vivons dans un monde globalisé donc le changement opéré doit être bien pensé car sinon contrairement à vous, je pense que nous perdrons notre souveraineté. Le mieux serait de décroitre au moins avec l’UE (c’est difficile vue comment les pays ont géré chacun dans son coin la covid). Décroitre, cela signifie moins de richesse donc baisse de l’économie et comment financer alors les militaires ? Au commencement, la france aura sa “souveraineté” (et encore a débattre car elle est dans l’UE). Par contre, si elle décroit trop vite par rapport aux autres pays, certains pourraient devenir belliqueux. Par exemple la Turquie qui commence a vouloir étendre son emprise sur d’autres pays. Il faudrait décroitre d’une façon que les autres voudront suivre l’exemple. Bien sûr, l’idéal serait que les Etats-Unis commencent aussi car c’est le pays qui a le plus d’emprise sur le monde donc sur l’environnement et peut se permettre de décroitre sans risquer de perdre sa souveraineté pour un temps.

    Excuse 7 : Les politiques ne se servent-ils pas des COP et du GIEC pour faire de l’écoblanchiment ou blanchiment vert (greenwashing) ? Ce sont eux qui sont à l’initiative de leur création.

    Excuse 8 : Voici un lien d’une vidéo de Datagueule sur la transition électrique qui explique bien ce qui se cache derrière Pour la croissance économique, les politiques poussent à garder ou à consommer encore plus l’énergie alors que nous devrions l’économiser.

    Excuse 10 : Si arbitrage, il devrait se faire pour qu’il n’y ait pas le chaos et avoir le plus d’équité possible alors. Comme vous dites, les premiers qui feront la transition doivent entraîner les autres à faire le même chemin.

  6. Bonjour, il y a une incompréhension ici : il s’agit plutôt des 12 désinformations diffusés par des agences de communication pour retarder au maximum les actions contre le changement climatique. Pas des “excuses qu’on se donne” mais de la propagande diffusé pour nous empêcher d’agir. L’expression “climate delayers” c’est une expression qui en France se traduirait par “climato-sceptique” (l’histoire étant : l’industrie pétrole a voulu imposer l’expression “climate skeptics” dans les média, ce qu’ils ont réussi en France mais celle-ci a été contré par l’expression “climate denialist” puis “climate delayers” à l’étranger).

    Par exemple : le discours de Biouhix est au contraire un discours de climate delayer : il fait la promotion du “fossil fuel solutionism” qui vise à faire croire qu’on peut résoudre le changement climatique sans supprimer totalement l’énergie fossile (promotion de la voiture à 2L par exemple) et il affirme qu’il ne faut pas déployer les technologies existantes mais continuer à attendre que la recherche nous donne des technologies “low-tech” (technological optimism) ce qui fait partie des “non-transformative solutions” et il exagère les conséquences négatives de la lutte contre le changement climatique ce qui pousse à ne rien faire (on l’a d’ailleurs vu invité par Julien Aubert à l’assemblée nationale pour justifier l’inaction climatique de la France).

    Le discours collapsologue est bien un discours de climate delayers. Il y a déjà beaucoup de climate deniers old school chez tous les collapsologues qui prétendent que le changement climatique n’arrivera pas parce qu’il n’y aura pas assez de pétrole (ASPO qui est un lobby pétrolier dont font partie Meilhan et Jancovici), mais on aussi tous les collapsologues qui vont exagérer les conséquences négatives de la lutte contre le changement climatique (change is impossible) ou qui vont exagérer l’état de la planète (doomism). Une tribune de Real Climate revient en détail sur ce sujet ici, et notamment comment ce discours abouti à de l’inaction climatique encore plus grande que le discours des gens qui niaient l’existence du changement climatique :

  7. Quoi ? On a le droit de donner des arguments ? Trop bien, alors je me lance.

    Argument face : « La France c’est 1% des émissions alors que les chinois hein ! » Dans un monde mondialisé, voire les émissions uniquement du côté de celui qui les produits n’a plus aucun sens. Entre nos 2 pays, la France a un déficit commercial de 30 milliards soit 1,2% de notre PIB. Les émissions des Chinois nous concernent tous ! »

    Argument face : « On ne représente que 1% alors que les chinois hein ! » (oui, c’est le même) Contrairement à ce qu’on pourrait penser, dans notre monde, ce sont les minorités qui ont le pouvoir. Par exemple, faire un barbecue avec 5% de vegan, augmentera considérablement le nombre de plats sans viande. Les boissons kasher représentent 90% des boissons vendues aux USA alors que seuls 1% de la population consomme ce type d’aliments. (Cf. « Skin in the game » de Nassim Taleb – j’en parle dans un article que j’ai sorti il y a 2 semaines et qui traite du même sujet que le vôtre mais plus au niveau des actions individuelles : ) On représente 1% ? Qui voudrait se couper de notre marché ? Personne ! Alors imposons nos choix. Créons le changement.

    Argument : Efficacité énergétique et l’amélioration de nos outils La croissance mondiale depuis des décennies est directement corrélée à notre consommation d’énergie… peu importe les innovations qui ont permis de gagner en efficacité (et il y en a eu !). Vouloir la croissance, c’est consommer plus d’énergie. La croissance mondiale est de 3% par an au minimum, il faut donc améliorer notre efficacité de + de 3% / an sur toutes les énergies et ça, on n’y arrive pas du tout… En plus, vu qu’on parle en pourcentage, l’’année suivant un échec d’amélioration d’efficacité énergétique oblige de ne pas gagner 3% mais 6% puis 9% puis 12% puis 15%… Bref c’est une fuite en avant impossible.

    Bon je n’ai pas trop sourcé alors je rajoute : – Corrélation Croissance / Consommation d’énergie : – et les bouquins de Taleb : j’adore !